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EXTRAITS DE PRESSE
 
 

Isabelle Jarousse

Débats nocturnes
ou
Le paradis des extravagances

Encres sur papier


 

Isabelle Jarousse
Série
« Débats nocturnes, No 15 » 2001
encres sur papier
64 x 64 cm
(Détail)

 

A Lyon, quand la Biennale est finie, les expos dansent

… Un travail dense et léger d'où ressort une grande pureté. Une impression de calme et de sérénité.

Ici la blancheur immaculée du papier laisse apparaître pliures, frottements, déchirures. Là, les traits noirs et légers recouvrent quasiment tout sans jamais alourdir le propos. De petits personnages sommaires semblent chercher leur équilibre comme autant de danseurs évoluant sur la pâte blanche. Un univers fascinant évocateur d'une certaine pureté originelle, comme un mur d'hiéroglyphes contemporains, une cascade de signes dans laquelle nos yeux apprennent à se laver et à retrouver le plaisir du regard apaisé.

Jean-Marie Wynants, Le Soir. Art-Culture, Bruxelles, 12 octobre 1994


Les écritures sculptées d'Isabelle Jarousse

… Patience de brodeuse
Isabelle Jarousse commence par fabriquer elle-même son papier. Nul militantisme pour un retour à la nature et à la rusticité du " fait main " dans ce premier geste, qui vise bien plus à façonner et sculpter dans la pâte grenue la géographie parfois tourmentée où elle accrochera avec patience d'une brodeuse et la concentration méditative d'une moine enlumineur, le foisonnement minutieux de ses écritures arachréennes. Froncé, froissé, plissé comme un tissu fossilisé, vallonné, crevassé et raviné comme une écorce, ridé et labouré comme une peau, il ne s'offre jamais comme une page lisse.

A la japonaise, avec un pinceau " trois poils " trempé de l'encre de Chine, l'artiste y dépose infiniment le fourmillement ténu de sa libre calligraphie qui tient à la fois de Paul Klee, d'une écriture de pattes de mouche illisible et pleine de poésie, d'une sédimentation géologique, d'un labyrinthe végétal, d'une notation musicale inconnue ou d'un marquage topographique qui tantôt se densifie, tantôt se dilate ou s'éparpille, et dans lequel on se promène et se perd avec délice.

Françoise Jaunin, 24 Heures - Beaux-Arts, Lausanne, 25 juin 1996


Isabelle Jarousse

…Confidences glissées dans le petit format, élans lyriques dans la plus grande taille, anecdotes, réflexions, enjouement ou mélancolie selon les jours, de tout cela on ne saura rien avec certitude. Le poétique d'Isabelle Jarousse est celle du secret tentateur, de l'énigme offerte à la sagacité et toujours à résoudre…

Jean-Jacques Levant, La Maison des Ecritures, Lyon, octobre 1997


Le fouillis merveilleux d'Isabelle Jarousse

Si les fournis grouillent dans la fourmilière, si les ailes des abeilles bruissent dans la ruche, si les moutons panurgent derrière le berger, alors on peut dire que les personnages dessinés par Isabelle Jarousse pullulent sur les feuilles. Ainsi, une étonnante vie - avec ses lois propres, ses rythmes répétés, ses directives insistantes et ses directions assistées - s'organise dans ses encres sur papier, dès que l'on a posé l'œil sur ce travail fascinant et que l'on s'intéresse de très près au destin d'un monde auquel (en apparence) on est totalement étranger…. De la vie à la mort, voici donc un dédale de petites blessures, de bouquets et d'artifices, de falbalas et de farandoles, de fêtes foraines et de processions, au point que l'univers Jaroussien nous apparaisse totalement sympathique, puisque très identifiables à un mode de vie, somme toute, familier.

Bernard Gouttenoire, Le Progrès, Lyon, 15 novembre 1998


Le noir lui va si bien

Sont-ce les racines lozériennes qui expliquent cet appétit de foisonnement organisé des œuvres présentées par Isabelle Jarousse ? Peut-être. Ou plus simplement une écriture propre à l'artiste et faite de symboles animaliers et de formes humaines qui épanche sa soif de diffusion de message particulier à chaque visiteur. Elle parle de son travail avec faconde et passion.

Car c'est un travail pur. L'encre de Chine est son mode d'expression et de révélation. Son pinceau dévoile les multiples sujets qui habitent le papier sur lequel elle compose une mélodie faite de sujets entrelacés. Le blanc est base. Sur le papier brut, qu'elle réalise elle-même avec de la pâte en pur chiffon, le pinceau martre révèle les signes, les symboles et leurs enchaînements. Chorégraphie d'êtres humains filiformes, d'animaux éphémères dans leur attitude, elle est révélatrice de ce tout qu'est la terre et, au-delà, la vie.

Le papier est aussi plissé et dégage alors par le relief et le visuel un mouvement : vagues sont lignages horizontaux, tronc noueux est verticalité. L'élan est accentué par la présence des encres et l'évolution du gris au noir absolu. Parfois un être minuscule et imparfait effleure le mirage : vie naissante, morphogénèse esquissée.

Raymond Pascal, Le Dauphiné Libéré, Lyon, Novembre 1999


L'immense foule des hommes

… Jarousse s'attache à l'indescriptible foisonnement qui dicte à l'humanité le chemin qui l'emmène de l'antichambre de la mort jusqu'à la vaine promiesse d'un paradis sur terre. Les dessins qui construisent cette aventure peu commune déferlent en une cascade de situations dramatiques et burlesques, comme seule la " fête des fous " sait le dire. Bouffons et bouffées, rejetons et rejetés, les personnages que l'on découvre sont l es mêmes que Jérôme Bosch avait pris pour modèles, se servant de leurs grandes gueules pour asseoir leur maladive beauté.

Bernard Gouttenoire, Le Progrès, Octobre 2001



 

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