Galerie Fallet
 

GALERIE FALLET
 
Micheline Vorbe
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Grande Mere
"Grand-mère", 1998
bronze exposé devant le
Palais de Montbenin, à Lausanne
Micheline Vorbe et Pierrette Gonseth-Favre

 

PROPOS DE PIERRETTE GONSETH-FAVRE

« Jeter un regard en arrière, c'est contempler un sillage obstiné et créateur qui poursuit inlassablement sa marche vers une plénitude immatérielle. »

Novembre 2003

« Si j'aime à revisiter à loisir la mémoire, ce n'est pas par nostalgie, mais pour montrer, en la détachant de l'événement, la pathétique beauté de ce qui a vécu, d'en faire un moyen de méditation où chacun peut en tirer ce qui lui convient. »

Septembre 1999

PIERRETTE GONSETH-FAVRE - EXTRAITS DE PRESSE

"Entretien avec l'artiste"

Rencontre picturale – L’art nécessaire

PrOfil: Comment entrez-vous dans un processus de création ?
PGF: Je travaille constamment. Une journée sans créer est pour moi incomplète, angoissante. Je me sens vidée de ma substance. Il faut que je puisse poser sur une toile ce qui m'habite… Lorsque je crée, je cherche davantage à extérioriser qu'à entrer dans mon imaginaire.

PrOfil: Lorsque vous saisissez votre pinceau ?
PFG: J'entre dans une lutte, une sorte de mal nécessaire. Peindre c'est tendre à la sérénité. L'acte de création se situe dans l'effort pour atteindre le plaisir.

PrOfil: Quelles sont vos sources d'inspiration ?
PGF: Ma réalité intérieure. Le monde qui m'entoure aussi, qui entre en moi avant d'être déversé sur un support extérieur. On a par exemple tous vu, cet été, ces images de corps agonisants sous des draps, ces vieux, morts de déshydratation dans l'indifférence et la solitude. Mes derniers tableaux montrent à quel point cela m'a perturbée.

PrOfil: Quand considérez-vous un travail comme terminé ?
PGF: Je ne considère pour ma part jamais un tableau comme achevé. Pour m'en débarrasser, il faut que je le sorte de mon atelier. Sinon, je continue à le retoucher… J'aime ce dialogue avec le tableau, ces instants où il nous échappe, puis nous revient…

PrOfil: Comment vivez-vous les moments où vous présentez votre travail au public ?
PGF: Comme une grande épreuve. C'est très déstabilisant. J'aimerais pouvoir me passer de cette pression extérieure. Mais le fait d'exposer permet aussi de clore un cycle, de redémarrer. Les vrais artistes passent au-dessus de ces moments pénibles parce qu'ils savent que leur art répond à un besoin…

Mélanie Chappuis
Extrait de l’article publié par PrOfil Femme, No.46, novembre 2003

 

Pour "Danser à l'aube"

Formée dans les arts textiles, Pierrette Gonseth-Favre est peintre et sculpteur. Elle recourt aussi bien à la peinture acrylique qu'à la résine, à la toile de jute, à la pierre ou au béton, ceci toujours, pour mettre en scène la figure humaine réduite tantôt au visage, tantôt à la silhouette. Ses travaux récents font appel aux feuilles mortes et autres éléments végétaux, selon l'inspiration née de voyages au Mexique.

La structure des feuillages intervient comme un apport décoratif, dans des compositions poétiques, où la colline évoque les formes féminines et où l'inquiétude qui sourdait des oeuvres plus anciennes tend à s'estomper. Les connotations symboliques ne sont jamais complètement absentes de ces images, qui placent l'homme face à l'univers et face à son destin.

Laurence Chauvy
Le Temps, 7 juillet 2001


"Contes et légendes originels"

Il était une fois un petit homme têtu qui était allé quêter la protection des hautes figures titulaires aux visages couturés et aux corps enveloppés de grands manteaux rugueux. Puis, il avait marché, marché à travers la forêt, et continué plus haut que les arbres jusqu'au sommet de la montagne, tout près du ciel. A L'aiguille dans ses grands reliefs en jute , et au pinceau dans ses tableaux dont la palette chamarrée est née de sa rencontre avec le Mexique, Pierrette Gonseth-Favre est une conteuse en images de la condition humaine. La complicité étroite de son travail avec ses matériaux trahit un besoin d'empathie avec le monde et la nature. Même ses peintures récentes réinventent cette intimité à travers d'autres gestes, puisqu'elle juxtapose sur la toile une multitude d'empreintes de feuilles mortes, comme un humus organique d'où surgit la couleur.

Dans ces lieux originels et hautement symboliques que sont la montagne et la forêt, l'homme et la nature ont toujours partie indissolublement liée. Un peu fée, un peu sorcière, la narratrice-illustratrice arpente et revisite en toute liberté les territoires enchantés et effrayants des contes et légendes qui fondent notre culture et qui ont hanté notre enfance.


Françoise Jaunin
24 Heures, 25 juin 2001

 

Depuis toujours, le thème de l'être humain jalonne l'oeuvre de Pierrette Gonseth-Favre. Chacune des sculptures ou peintures de l'artiste est porteuse d'une destinée, d'une tranche de vie, d'un état, d'une émotion, d'une inquiétude, d'un instant privilégié dont l'intensité, la gravité, la légèreté varient au gré des épreuves traversées, de la couleur du quotidien, du poids de l'expérience, de la résonance particulière de la solitude, de la fragilité d'une rencontre, de la frénésie d'une découverte, d'un mouvement synonyme de liberté, d'une douleur porteuse de lumière et de spiritualité.

Au coeur des chacune des oeuvres, silencieuse, la nature veille également sur la destinée de cet être humain. Elle est toujours là, présente, invisible, à peine esquissée, ou au contraire, solidement incarnée dans ou par la matière ... pour nous rappeler que le mystère de la vie et du temps se décline dans le cheminement d'un ruisseau, dans l'intimité des grands arbres au coeur d'une foret , au rythme des saisons, sous une cascade de feuilles mortes qui peu à peu envahissent un jardin prêt à accueillir l'automne.

... une oeuvre frémissante, sereine, hautement spirituelle et intériorisée, portée par les couleurs, rythmée par des visages, par des personnages devenus silhouettes se déplaçant en équilibre sur les crêtes des montagne.

La nature, quant à elle, est omniprésente. Révélée par une structure tissée d'empreintes de feuilles mortes, elle est simultanément élément constitutif de l'oeuvre peinte et métaphore poétique.

Armande Reymond
Préface de l'ouvrage publié aux Editions
Vie Art et Cité, Lausanne mai, 2001

 

... Le monde de Pierrette Gonseth-Favre recourt à la mémoire. Cette mémoire sélective qui lui fait apparaître des êtres, des sensations, des souvenirs au fur et à mesure qu'elle travaille.. Pensée intuitive, libérée de tout intellectualisme, qui procède comme association, à l'instar de ces images qui, dans le tableau, en appellent d'autres, tissant une écriture picturale rapide, en continu... Et elle partira toujours d'objets récupérés, sacs de jute, puis papiers découpés dans les journaux, des morceaux de bois, des semelles ... Ces objets hétéroclites prennent place dans ses tableaux qu'elle n'appelle ni assemblages, ni collages, car en fait il y a une très grande unité dans tout cela : tout est en effet plongé dans une ou plusieurs couches de résines, sur toile ou sur bois, et qui, séchées, sont frottées de papiers de verre plus ou moins fin. Puis intervient le dessin, à l'encre ou à la peinture. Il faut toucher ces surfaces, qui ont un grand attrait sensuel... Elle toujours dessiner entre les motifs, faire ces entrelacs : " Je n'invente rien, les choses sont déjà la ". ... Elle sait aller à l'intérieur, ne fixant pas les détails des visages, mais bien une impression affective, une trace, une émotion. Cet art est universel...

Pierre Hugli
PH+Arts , mai 1999



Quelques oeuvres récentes de Pierrette Gonseth-Favre sont présentées à la Galerie Fallet jusqu'à la fin de l'année. L'artiste genevoise propose un nouvel aspect de son travail. Tableaux en relief et sculptures s'inspirent à présent de sa relation avec le paysage des montagnes.

Depuis quelques mois, elle entreprend régulièrement des randonnées qui ont inspiré son intérêt pour cet environnement impressionnant. Toute une symbolique de l'élévation est évidemment liée à ses randonnées et son apport à la matière est devenu alors essentiel. Pierres et cailloux sont récupérées au bord des chemins, puis brisés ou taillés, ils sont ensuite collés sur un support et enduits de peinture. Le résultat est une mosaïque d'éléments informes mais disposés régulièrement où se révèlent des visages ou des corps.

Comme dans beaucoup de ses travaux, la gamme chromatique se rapproche le plus souvent des gris ou des couleurs terres. Ici, pourtant, la couleur tient une place plus franche et apporte un sens, le jaune apparaît plus fréquemment. Souvent habitée par une angoisse, les oeuvres sont ici plus apaisantes.

Nadia El Beblawi
Scènes Magazine, nov. 1997

 

... une artiste suisse dont la puissance expressive évoque autant de symboliques universelles, irréductibles à une idéologie, un genre, un style spécifique national ou international. Voilà une occasion d'entrer en contact avec un réel art Autre.


Françoise-Hélène Brou
Scènes magazine
novembre 1996


 
Rêveuse Circé, Pierrette Gonseth-Favre est une artiste déroutante. Elle nous entraîne dans ses jardins imaginaires comme le madrépore dans les récifs. On croit tenir une fragile fleur ondoyante et l'on se heurte à un corail indestructible. Entre douceur et violence, elle crie la solitude, le temps évanoui, I'incertitude des choses. On croit entendre les sanglots assourdis d'âmes à l'abandon: on croit avoir vu luire des étoiles incertaines dans un ciel trop chargé de mémoire.... Elle peint comme elle sculpte, en additionnant objets et couleurs, en soustrayant matière et formes, avec cette volupté (souvent douloureuse) du créateur qui découvre le secret de l'univers en recouvrant de fluide artistique de banales accumulations...


Jean M. Marquis
Conservateur Musee de Carouge/Genève
Catalogue de de l'exposition itinérante au Musée National, Bratislava
à la Galerie Dum Panuz Kunstatu a Podébrad, Prague
1995

 

... Compartimentés en carreaux de fenêtre, éléments de retable ou interstices d'espoir dans la pénombre, les panneaux évoquent des scènes rétro (cartes postales par exemple) ou carrément anciennes (tableaux de maîtres), dont le caractère lointainement nostalgique est relevé et animé grâce à la présence de teintes chaudes, orange ou rouge rosé. Un "Payasage indéterminé" renvoie aux illustrations gravées de jadis, mais aussi aux rêves de demain, tandis que des masques dont les traits fleurissent et foisonnent empruntent aux procédés d'Arcimboldo ou des artistes dits bruts. La sincérité de Pierrette Gonseth-Favre ne laisse d'ailleurs pas de la rapprocher de ces derniers, avec en plus une distance qui, pour être teintée de souffrance ou de regret, n'en rompt pas moins avec le premier degré...

Laurence Chauvy
Journal de Genève et Gazette de Lausanne
13 décembre 1994

 

"Ce que l'artiste dit ici est essentiel, partagé par tous les humains, quels qu'il soient... Le langage épuré, débarassé de faux-semblants, un peu comme celui de l'Art Brut, du moins s'il s'en approche, lesté par maintes marques et signes évidents de maturité. Il y a dans cette mise en scène d'oeuvres un grand silence, parfois oppressant, dans lequel un cri muet sur des bouches ouvertes bute contre le mur du néant, il y a une tragédie intérieure qui affleure, une âme qui part à la conquête incertaine de l'Autre, fraternellement... L'introspection n'est pas cependant nombriliste: elle va à la rencontre de soi pour mieux communiquer avec l'autre."...

Daniel Fazan
Radio Suisse Romande :"Amis Amis"
octobre 1994

 


"L'artiste est un nomade qui ne déplace que sa conscience". Graffité sur les murs de son atelier nyonnais, cet aphorisme éclaire toute la production de Pierrette Gonseth Favre. Ainsi placé sous le signe du voyage intérieur, son oeuvre patient et secret voit aujourd'hui l'association ArtNyon lui rendre un double hommage: une exposition au Château de Nyon et une monographie. Tous deux signés Jacques Dominique Rouiller, ces actes de reconnaissance révèlent un travail d'une grande diversité formelle, mais d'une parfaite cohérence interne... Bois, pâte de bois, résine, application de papier, de sable, de jute et de couleur; avec ces moyens, Gonseth-Favre réalise aussi bien des personnages en trois dimensions que des tableaux reliefs où, à force de superposer des couches, "les visages apparaissent presque magiquement". Ce procédé participe évidemment de l'opposition dialectique entre intérieur et extérieur qui traverse toutes ses oeuvres. Il y a toujours quelque chose dissimulé sous la surface visible des formes. L'artiste ne donne à voir qu'un épiderme...

Pierre-André Lienhard
Journal de Genève et Gazette de Lausanne
20 août 1994

 

... En regardant les oeuvres de l'artiste, on a souvent l'intime conviction d'être déjà de l'autre côté du miroir. De quelle école, de quelle mouvance cet art se réclame-t-il? ...Transformer, confondre, dévoyer, refondre, métamorphoser sont les maître mots de cette alchimie quotidienne, apparaissant tel un viatique pour aller au bout de la nuit, là où se télescopent des parcelles d'éternité, chasse gardée d'un ancètre prophétique. L'oeuvre de Pierrette Gonseth-Favre nous y conduit. Faisons silence.

Jacques Dominique Rouiller
Connaissance des Arts
avril 1994


"Ma préoccupation de base est la trajectoire humaine, ..." (in "Voir" septembre 1992). Ces quelques mots constituent la meilleure approche possible du travail de cette artiste. D'une part, en effet, ils résument la thématique qui le traverse complètement et qui l'inscrit profondément dans une constante recherche d'expressivité de la situation de l'homme dans notre société comtemporaine. D'autre part, ces paroles mettent l'accent sur l'importance de l'élaboration plastique et son expression formelle. " . . .

Françoise Nyffenegger
Das KunstBulletin No 6
juin 1993


 ... Les cases, les compartimentations suggèrent bien l'accumulation de flashs parfois simultanés qui remontent à la surface de la conscience.... Si l'artiste vaudoise conjugue son language pictural au passé composé, elle le ponctue de références présentes, souvent un visage mi-lunaire, mi-effronté...

Luc Debraine
Le Nouveau Quotidien
2 mai 1993

 


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