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PIERRETTE
GONSETH-FAVRE - EXTRAITS DE PRESSE
"Entretien
avec l'artiste"
Rencontre
picturale – L’art nécessaire
PrOfil: Comment entrez-vous dans un processus de création
?
PGF: Je travaille constamment. Une journée
sans créer est pour moi incomplète, angoissante. Je me
sens vidée de ma substance. Il faut que je puisse poser sur
une toile ce qui m'habite… Lorsque je crée, je cherche
davantage à extérioriser qu'à entrer dans mon
imaginaire.
PrOfil: Lorsque
vous saisissez votre pinceau ?
PFG: J'entre dans une lutte, une sorte de mal nécessaire.
Peindre c'est tendre à la sérénité. L'acte
de création se situe dans l'effort pour atteindre le plaisir.
PrOfil: Quelles
sont vos sources d'inspiration ?
PGF: Ma réalité intérieure. Le
monde qui m'entoure aussi, qui entre en moi avant d'être déversé sur
un support extérieur. On a par exemple tous vu, cet été,
ces images de corps agonisants sous des draps, ces vieux, morts de
déshydratation dans l'indifférence et la solitude. Mes
derniers tableaux montrent à quel point cela m'a perturbée.
PrOfil: Quand
considérez-vous un travail comme terminé ?
PGF: Je ne considère pour ma part jamais un
tableau comme achevé. Pour m'en débarrasser, il faut
que je le sorte de mon atelier. Sinon, je continue à le retoucher… J'aime
ce dialogue avec le tableau, ces instants où il nous échappe,
puis nous revient…
PrOfil: Comment
vivez-vous les moments où vous présentez votre travail
au public ?
PGF: Comme une grande épreuve. C'est très
déstabilisant. J'aimerais pouvoir me passer de cette pression
extérieure. Mais le fait d'exposer permet aussi de clore un
cycle, de redémarrer. Les vrais artistes passent au-dessus de
ces moments pénibles parce qu'ils savent que leur art répond à un
besoin…
Mélanie
Chappuis
Extrait de l’article publié par PrOfil Femme, No.46, novembre
2003
Pour "Danser à l'aube"
Formée
dans les arts textiles, Pierrette Gonseth-Favre est peintre et
sculpteur. Elle recourt aussi bien à la peinture acrylique
qu'à la résine, à la toile de jute, à la
pierre ou au béton, ceci toujours, pour mettre en scène
la figure humaine réduite tantôt au visage, tantôt à la
silhouette. Ses travaux récents font appel aux feuilles
mortes et autres éléments végétaux,
selon l'inspiration née de voyages au Mexique.
La
structure des feuillages intervient comme un apport décoratif,
dans des compositions poétiques, où la colline évoque
les formes féminines et où l'inquiétude qui
sourdait des oeuvres plus anciennes tend à s'estomper. Les
connotations symboliques ne sont jamais complètement absentes
de ces images, qui placent l'homme face à l'univers et face à son
destin.
Laurence
Chauvy
Le Temps, 7 juillet 2001
"Contes
et légendes originels"
Il était
une fois un petit homme têtu qui était allé quêter
la protection des hautes figures titulaires aux visages couturés
et aux corps enveloppés de grands manteaux rugueux. Puis,
il avait marché, marché à travers la forêt,
et continué plus haut que les arbres jusqu'au sommet de la
montagne, tout près du ciel. A L'aiguille dans ses grands
reliefs en jute , et au pinceau dans ses tableaux dont la palette
chamarrée est née de sa rencontre avec le Mexique,
Pierrette Gonseth-Favre est une conteuse en images de la condition
humaine. La complicité étroite de son travail avec
ses matériaux trahit un besoin d'empathie avec le monde et
la nature. Même ses peintures récentes réinventent
cette intimité à travers d'autres gestes, puisqu'elle
juxtapose sur la toile une multitude d'empreintes de feuilles mortes,
comme un humus organique d'où surgit la couleur.
Dans
ces lieux originels et hautement symboliques que sont la montagne
et la forêt, l'homme et la nature ont toujours partie indissolublement
liée. Un peu fée, un peu sorcière, la narratrice-illustratrice
arpente et revisite en toute liberté les territoires enchantés
et effrayants des contes et légendes qui fondent notre culture
et qui ont hanté notre enfance.
Françoise Jaunin
24 Heures, 25 juin 2001
Depuis toujours, le thème de l'être humain jalonne l'oeuvre
de Pierrette Gonseth-Favre. Chacune des sculptures ou peintures de
l'artiste est porteuse d'une destinée, d'une tranche de vie,
d'un état, d'une émotion, d'une inquiétude, d'un
instant privilégié dont l'intensité, la gravité,
la légèreté varient au gré des épreuves
traversées, de la couleur du quotidien, du poids de l'expérience,
de la résonance particulière de la solitude, de la fragilité d'une
rencontre, de la frénésie d'une découverte, d'un
mouvement synonyme de liberté, d'une douleur porteuse de lumière
et de spiritualité.
Au
coeur des chacune des oeuvres, silencieuse, la nature veille également
sur la destinée de cet être humain. Elle est toujours
là, présente, invisible, à peine esquissée,
ou au contraire, solidement incarnée dans ou par la matière
... pour nous rappeler que le mystère de la vie et du temps
se décline dans le cheminement d'un ruisseau, dans l'intimité des
grands arbres au coeur d'une foret , au rythme des saisons, sous
une cascade de feuilles mortes qui peu à peu envahissent un
jardin prêt à accueillir l'automne.
...
une oeuvre frémissante, sereine, hautement spirituelle et
intériorisée, portée par les couleurs, rythmée
par des visages, par des personnages devenus silhouettes se déplaçant
en équilibre sur les crêtes des montagne.
La
nature, quant à elle, est omniprésente. Révélée
par une structure tissée d'empreintes de feuilles mortes,
elle est simultanément élément constitutif de
l'oeuvre peinte et métaphore poétique.
Armande
Reymond
Préface de l'ouvrage publié aux Editions
Vie Art et Cité, Lausanne mai, 2001
...
Le monde de Pierrette Gonseth-Favre recourt à la mémoire.
Cette mémoire sélective qui lui fait apparaître
des êtres, des sensations, des souvenirs au fur et à mesure
qu'elle travaille.. Pensée intuitive, libérée
de tout intellectualisme, qui procède comme association, à l'instar
de ces images qui, dans le tableau, en appellent d'autres, tissant
une écriture picturale rapide, en continu... Et elle partira
toujours d'objets récupérés, sacs de jute, puis
papiers découpés dans les journaux, des morceaux de
bois, des semelles ... Ces objets hétéroclites prennent
place dans ses tableaux qu'elle n'appelle ni assemblages, ni collages,
car en fait il y a une très grande unité dans tout
cela : tout est en effet plongé dans une ou plusieurs couches
de résines, sur toile ou sur bois, et qui, séchées,
sont frottées de papiers de verre plus ou moins fin. Puis
intervient le dessin, à l'encre ou à la peinture. Il
faut toucher ces surfaces, qui ont un grand attrait sensuel... Elle
toujours dessiner entre les motifs, faire ces entrelacs : " Je
n'invente rien, les choses sont déjà la ". ...
Elle sait aller à l'intérieur, ne fixant pas les détails
des visages, mais bien une impression affective, une trace, une émotion.
Cet art est universel...
Pierre
Hugli
PH+Arts , mai 1999
Quelques oeuvres récentes de Pierrette Gonseth-Favre sont présentées à la
Galerie Fallet jusqu'à la fin de l'année. L'artiste genevoise
propose un nouvel aspect de son travail. Tableaux en relief et sculptures
s'inspirent à présent de sa relation avec le paysage
des montagnes.
Depuis
quelques mois, elle entreprend régulièrement des randonnées
qui ont inspiré son intérêt pour cet environnement
impressionnant. Toute une symbolique de l'élévation
est évidemment liée à ses randonnées
et son apport à la matière est devenu alors essentiel.
Pierres et cailloux sont récupérées au bord
des chemins, puis brisés ou taillés, ils sont ensuite
collés sur un support et enduits de peinture. Le résultat
est une mosaïque d'éléments informes mais disposés
régulièrement où se révèlent des
visages ou des corps.
Comme
dans beaucoup de ses travaux, la gamme chromatique se rapproche le
plus souvent des gris ou des couleurs terres. Ici, pourtant, la couleur
tient une place plus franche et apporte un sens, le jaune apparaît
plus fréquemment. Souvent habitée par une angoisse,
les oeuvres sont ici plus apaisantes.
Nadia
El Beblawi
Scènes Magazine, nov. 1997
... une artiste
suisse dont la puissance expressive évoque autant de symboliques
universelles, irréductibles à une idéologie,
un genre, un style spécifique national ou international. Voilà une
occasion d'entrer en contact avec un réel art Autre.
Françoise-Hélène Brou
Scènes magazine
novembre 1996
Rêveuse Circé, Pierrette Gonseth-Favre est une artiste
déroutante. Elle nous entraîne dans ses jardins imaginaires
comme le madrépore dans les récifs. On croit tenir une
fragile fleur ondoyante et l'on se heurte à un corail indestructible.
Entre douceur et violence, elle crie la solitude, le temps évanoui,
I'incertitude des choses. On croit entendre les sanglots assourdis
d'âmes à l'abandon: on croit avoir vu luire des étoiles
incertaines dans un ciel trop chargé de mémoire.... Elle
peint comme elle sculpte, en additionnant objets et couleurs, en soustrayant
matière et formes, avec cette volupté (souvent douloureuse)
du créateur qui découvre le secret de l'univers en recouvrant
de fluide artistique de banales accumulations...
Jean M. Marquis
Conservateur Musee de Carouge/Genève
Catalogue de de l'exposition itinérante au Musée National,
Bratislava
à la Galerie Dum Panuz Kunstatu a Podébrad, Prague
1995
...
Compartimentés en carreaux de fenêtre, éléments
de retable ou interstices d'espoir dans la pénombre, les
panneaux évoquent des scènes rétro (cartes
postales par exemple) ou carrément anciennes (tableaux de
maîtres), dont le caractère lointainement nostalgique
est relevé et animé grâce à la présence
de teintes chaudes, orange ou rouge rosé. Un "Payasage
indéterminé" renvoie aux illustrations gravées
de jadis, mais aussi aux rêves de demain, tandis que des
masques dont les traits fleurissent et foisonnent empruntent aux
procédés d'Arcimboldo ou des artistes dits bruts.
La sincérité de Pierrette Gonseth-Favre ne laisse
d'ailleurs pas de la rapprocher de ces derniers, avec en plus une
distance qui, pour être teintée de souffrance ou de
regret, n'en rompt pas moins avec le premier degré...
Laurence
Chauvy
Journal de Genève et Gazette de Lausanne
13 décembre 1994
"Ce
que l'artiste dit ici est essentiel, partagé par tous les
humains, quels qu'il soient... Le langage épuré,
débarassé de faux-semblants, un peu comme celui de
l'Art Brut, du moins s'il s'en approche, lesté par maintes
marques et signes évidents de maturité. Il y a dans
cette mise en scène d'oeuvres un grand silence, parfois
oppressant, dans lequel un cri muet sur des bouches ouvertes bute
contre le mur du néant, il y a une tragédie intérieure
qui affleure, une âme qui part à la conquête
incertaine de l'Autre, fraternellement... L'introspection n'est
pas cependant nombriliste: elle va à la rencontre de soi
pour mieux communiquer avec l'autre."...
Daniel
Fazan
Radio Suisse Romande :"Amis Amis"
octobre 1994
"L'artiste est un nomade qui ne déplace que sa conscience".
Graffité sur les murs de son atelier nyonnais, cet aphorisme éclaire
toute la production de Pierrette Gonseth Favre. Ainsi placé sous le signe
du voyage intérieur, son oeuvre patient et secret voit aujourd'hui l'association
ArtNyon lui rendre un double hommage: une exposition au Château de Nyon
et une monographie. Tous deux signés Jacques Dominique Rouiller, ces actes
de reconnaissance révèlent un travail d'une grande diversité formelle,
mais d'une parfaite cohérence interne... Bois, pâte de bois, résine,
application de papier, de sable, de jute et de couleur; avec ces moyens, Gonseth-Favre
réalise aussi bien des personnages en trois dimensions que des tableaux
reliefs où, à force de superposer des couches, "les visages
apparaissent presque magiquement". Ce procédé participe évidemment
de l'opposition dialectique entre intérieur et extérieur qui traverse
toutes ses oeuvres. Il y a toujours quelque chose dissimulé sous la surface
visible des formes. L'artiste ne donne à voir qu'un épiderme...
Pierre-André Lienhard
Journal de Genève et Gazette de Lausanne
20 août 1994
...
En regardant les oeuvres de l'artiste, on a souvent l'intime conviction
d'être déjà de l'autre côté du
miroir. De quelle école, de quelle mouvance cet art se réclame-t-il?
...Transformer, confondre, dévoyer, refondre, métamorphoser
sont les maître mots de cette alchimie quotidienne, apparaissant
tel un viatique pour aller au bout de la nuit, là où se
télescopent des parcelles d'éternité, chasse
gardée d'un ancètre prophétique. L'oeuvre
de Pierrette Gonseth-Favre nous y conduit. Faisons silence.
Jacques Dominique
Rouiller
Connaissance des Arts
avril 1994
"Ma préoccupation
de base est la trajectoire humaine, ..." (in "Voir" septembre
1992). Ces quelques mots constituent la meilleure approche possible
du travail de cette artiste. D'une part, en effet, ils résument
la thématique qui le traverse complètement et qui l'inscrit
profondément dans une constante recherche d'expressivité de
la situation de l'homme dans notre société comtemporaine.
D'autre part, ces paroles mettent l'accent sur l'importance de l'élaboration
plastique et son expression formelle. " . . .
Françoise
Nyffenegger
Das KunstBulletin No 6
juin 1993
... Les cases,
les compartimentations suggèrent bien l'accumulation de flashs
parfois simultanés qui remontent à la surface de la conscience....
Si l'artiste vaudoise conjugue son language pictural au passé composé,
elle le ponctue de références présentes, souvent
un visage mi-lunaire, mi-effronté...
Luc
Debraine
Le Nouveau Quotidien
2 mai 1993
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